Histoire de la ville

Du 9e siècle à nos jours, l'histoire de Redon est empreinte de religiosité, qui a marqué son architecture, et par le lien avec la Vilaine qui la tourne vers la mer.

La fondation de la ville

La ville devrait son nom au mot Roton qui se transforma en Rodon, mot d’origine celtique désignant un “gué”, hypothèse qui correspond à la configuration des lieux.

La ville est fondée en 832 par Conwoïon. Découvrant le confluent de la Vilaine et de l’Oust du haut d’une colline, l’archidiacre du diocèse de Vannes, et ses disciples constatent alors tout l’intérêt du lieu : un site protégé des invasions et calme, idéal pour la méditation.

Ce dernier obtient de Ratvili, seigneur du lieu, la donation d’un espace suffisant pour installer le monastère. En 832, un modeste ermitage fait de planches et de branches voit le jour. Nominoë, alors gouverneur de Bretagne, soutient cette fondation pour renforcer son pouvoir Entre 842 et 853, une première église en pierres est construite remplaçant ainsi la première bâtisse.

Du monastère à la ville naissante

Une population s’installe peu à peu autour des bâtiments conventuels, le territoire monastique s’agrandit et donne naissance à une paroisse. Après l’an mil, l’église devient trop petite. La construction d’un édifice plus grand est envisagée.

L’abbaye bénédictine devient l’une des plus riches de Bretagne et étend très loin son influence économique, politique et religieuse. L’abbaye donne naissance à une nouvelle cité bretonne qui joue un rôle historique, plus particulièrement à l’époque du royaume puis du duché de Bretagne.

Quelques visites couronnées au Moyen-Âge

  • Henri III d’Angleterre, allié du duc Pierre Mauclerc, passa six jours à Redon en 1230.
  • Le Duc François II reçut à Redon le roi de France Louis XI en 1462.

Les monuments religieux de Redon (abbatiale, tour romane, remparts), témoignent encore aujourd’hui de cette riche histoire.

Le saviez-vous ?

Le Cartulaire de Redon, rédigé entre le IXᵉ et le XIIᵉ siècle, est un manuscrit médiéval majeur conservant près de 400 actes et chartes liés à l’abbaye Saint-Sauveur de Redon. Ce recueil, essentiellement rédigé en latin, consigne des donations, échanges de terres et privilèges accordés à la communauté monastique.

Il constitue aujourd’hui une source historique de tout premier plan :

  • pour l’histoire de l’abbaye et de ses possessions
  • pour la connaissance de la Bretagne carolingienne, de son organisation sociale, de sa toponymie et de ses structures économiques.

Véritable mémoire écrite de Redon et de son territoire, il témoigne de la richesse et de l’influence du monastère au Moyen Âge.

Le développement du port de Redon

Les navires de mer peuvent remonter jusqu’à Redon, alors avant-port de Rennes. Accostés au port de Vilaine, soumis alors à la marée, les navires peuvent décharger leurs cargaisons à terre ou bien transborder les marchandises sur des barges et bateaux fluviaux qui remontent ensuite la rivière jusqu’à Rennes.

Sur le quai Duguay-Trouin, les demeures d’armateurs ou de négociants (17e et 18e) témoignent de cette activité maritime florissante. Les Greniers à Sel, la Tour Richelieu, le Château du Mail, l’Hôtel Carmoy complètent le riche patrimoine architectural du quartier du port.

 

Un bassin à flot près du canal de Nantes à Brest

En lien avec la construction du canal de Nantes à Brest, le creusement du bassin à flot débute en 1836. Pendant de nombreuses décennies, il devient le cœur même de la vie redonnaise par son activité portuaire et par le développement des industries au 19e siècle.

C’est à Redon que le canal de Nantes à Brest coupe la liaison Rance-Vilaine reliant la Manche à l’Océan. Le canal fut terminé au milieu de 19e siècle faisant de Redon le carrefour des voies navigables de l’Ouest.

Très peu de temps après, Redon devient également carrefour ferroviaire. La gare fut inaugurée en 1862. Elle est située sur la ligne Nantes-Rennes et Paris-Quimper.