Carré 9 : un spectacle « dans la tradition du théâtre forain » pour l’ouverture de saison
À l’occasion de la représentation du "Film du dimanche soir" à Redon, Thierry Lorent, comédien et cofondateur de la compagnie Annibal et ses éléphants, revient sur la création et l’évolution de ce spectacle qui mêle cinéma muet, théâtre forain et interaction avec le public. A voir ce vendredi 11 septembre à Redon. Et c'est gratuit !
« Le film du dimanche soir », de la Cie Annibal et ses éléphants
Vendredi 11 septembre 2026 à 19 h
Le Carré 9, 9 rue de Galerne à Redon
Gratuit
Billetterie en ligne
D’où vous est venue l’inspiration pour la création de ce spectacle cinématographique ?
Thierry Lorent (Annibal et ses éléphants) : « La cinéphilie a été le moteur de cette création, avec l’envie de parler du cinéma, de sa matière : cadre, plan-séquence, champ-contrechamp… Sans en faire une conférence. L’idée d’un film muet à doubler, bruiter, mettre en musique en direct s’est imposée très vite puisqu’elle permettait de montrer le cinéma en train de se faire et non comme produit fini, en le réinvitant dans le spectacle vivant. D’autant plus qu’un film muet a la politesse de ne pas couper la parole aux comédiennes et comédiens qui évoluent sur le plateau.
Nous avions depuis longtemps envie de travailler avec d’autres compagnies de théâtre de rue et le seul moyen plausible pour trouver le temps était de faire un film, car aucun agenda n’aurait pu concorder. C’est pourquoi vous pouvez voir des figures célèbres de la profession dans le film.
Le western en particulier était un genre particulièrement populaire qui nous parlait à tous, à une époque où le cowboy tenait plus de l’ouvrier agricole que du maniaque génocidaire. Moins clivant qu’un polar ou une comédie romantique et plus facile à réaliser qu’un film de cape et d’épée, ou pire, un film de science-fiction.
Combien de représentations de ce spectacle ont été données ?
Très exactement 299 représentations. Nous fêterons la 300e dans notre ville, à Colombes, le 19 septembre prochain.
Comment le spectacle a évolué depuis sa création ?
C’est peut-être là la magie de ce spectacle : le film a été tourné en 2010 (dans les conditions de 1919) et, une fois le montage fini, n’a pas changé d’un photogramme. Mais le théâtre, lui, ne cesse de s’adapter au temps, qui, lui, a bien changé.
Vous indiquez dans le résumé que « spectateurs et comédiens » agissent sur l’histoire en cours. Pouvez-vous nous préciser de quelle manière ?
Ce spectacle appartient à la tradition du théâtre forain, comme le cinéma à ses débuts d’ailleurs. Un bonimenteur harangue la foule et promet monts et merveilles. Le quatrième mur abattu, n’importe qui peut être interpellé et mis à contribution. Naturellement, avec tout le respect que les honnêtes saltimbanques ont pour leurs clients : vente éhontée de programmes, bonbons et autres, distribution de pistolets pour participer à une bataille, demande de bruitages que la foule devra produire… Mais cela reste entre nous.
D’une part, les comédiens vont défendre leur idée du film et du cinéma mais, avec le public, ils défendront leur place et leurs personnages, cinématographiques ou théâtraux, en paroles comme dans les actes. Quitte à prendre des libertés avec le film… »
Actualité publiée le mercredi 09 septembre 2026